jeudi 24 septembre 2009, par Pascal
Ben oui, après le choc de la mégapole de Papeete, nous avions besoin de décompresser.
D’autant que durant ces trois semaines tahitiennes, Moorea nous a nargué chaque soir quand le soleil se couchait sur ses reliefs escarpés. Un saut de puce et plouf, la pioche tombe sur le sable blanc de la baie d’Opunohu.
Plouf aussi pour nous.
Nous faisons face à la plage du club de voile. Et chaque jour, pendant que Maëlle et Yann bûchent leurs cours, des éclats de voix nous parviennent. L’école de voile accueille les scolaires. Plein ! Des enfants de primaire ! "Et pourquoi eux ils font de la voile alors que nous il faut qu’on travaille ?" Dix fois par jour.
Heureusement, un stage est proposé la semaine suivante. Les enfants sont chauds comme la braise. Maëlle, qui d’ordinaire traîne volontiers au lit, est survoltée dès le lever du jour. Elle vérifie l’heure toutes les minutes histoire de ne pas arriver en retard.
Cette école de voile est assez idéale. Bien équipée coté matériel, et dans un site ! Plage pour les arrivées et départs, pas de marées, ces trucs qui contraignent à porter le matériel loin, loin. Le plan d’eau est plat, protégé par la barrière de corail, l’eau est chaude et la brise thermique très régulière. Cerise sur le gâteau, le club est dirigé par Alex qui sait se faire apprécier des enfants et, vus les résultats, leur permet de réels progrès. Top !
A la fin de la semaine, les enfants s’étaient fait des potes, savaient gréer leur Optimist, arrivaient à tirer des bords même au près et étaient partants pour recommencer. Mais notre destin de voyageurs...
Moorea offre aussi de belles balades à pied. Le belvédère qui surplombe le coté nord de l’île offre une vue imprenable sur les baies de Cook et d’Opunohu. La route qui y mène serpente entre les marae, anciens lieux de culte, que les archéologues ont mis à jour. De petits sentiers proprets permettent d’y flâner sans se paumer. Nous n’avons pas croisé qui que ce soit sur ces sentiers exception faite des cantonniers. Le tourisme sur Moorea, comme ailleurs en Polynésie, est ciblé friqué. Les baba-cool ça ne paye pas, sans doute. Et comme, quand on a les moyens, on ne va pas à pied ... Tant mieux pour nous !
Profitant qu’un énorme paquebot avait mouillé près de Kamoké, nous n’avons toutefois pas résisté à aller prendre un bain de WASPs. Rigolo.
Les croisiéristes sont attendus de pied ferme. Tout ce que l’île compte de marchands de souvenirs, bijoux et véritables perles noires, location de véhicules et restauration rapide dresse des stands. Organisés, ils se renseignent. Ainsi quand nous y sommes allés, tous les prix étaient en dollar australien. Comme la foule des vieillards bancals débarquée du paquebot. Certes il ne s’agissait pas de teenagers, mais je n’aimerais pas avoir à faire au système de santé australien.
Et puis comme on n’avait pas encore notre dose de foules de riches, nous avons remis le couvert. Direction le coin des grands hôtels. Car ceux-ci, pour assurer à leur clientèle d’avoir quelque chose à raconter à la fin des vacances, organise du feeding (nourrissage ?) de raies et requins. La curiosité c’est que les spectateurs sont dans l’aquarium et que l’aquarium c’est le lagon. Mais tout le monde a pied. J’imagine :"Ouh, là, là, vous auriez vu ça, il y en avait partout. Des dizaines de requins énormes. Une raie m’a même agressée pour attraper le morceau d’appât que je tenais. Heureusement que Tom (ou Hans, ou Gérard, ou Hiro, au choix) m’a pris dans ses bras !".
Autre attraît de Moorea, le lycée agricole d’Opunohu propose une balade instructive dans l’exploitation.

On peut y voit des cultures d’ananas, une des spécialités locales, ainsi que la plupart des plantes cultivées en Polynésie. Les élèves que nous avons croisés n’ont pas l’air stressés.