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Pitcairn, coté "best of"

L’espace d’un instant, faisons abstraction des galères.

mardi 2 juin 2009, par Bénédicte, Pascal


Le 24 mai, après 26 jours en mer, ça y est, on la voit, la terre. Oh, pas bien grande mais pleine de promesses ! Les hauteurs de l’île de Pitcairn forment de petits pics sur l’horizon. Joie, soulagement, tout le monde est impatient de se poser et de faire connaissance avec les îliens que nos instructions nautiques décrivent comment incroyablement accueillants. Les falaises entourant le mouillage : débarquement coté 6b.

Les conditions de mer n’autorisant pas le mouillage devant le village, nous allons jeter la pioche au pied des falaises d’une baie située au sud-est de l’île. Grandiose. Ces aplombs totalement verticaux déclinent une incroyable palette de couleurs et de formes d’érosion. Nous n’en croyons pas nos yeux, le fond est nettement visible avec 25m de profondeur. La pêche est excellente et nous avons la surprise de voir arriver de la compagnie, Manaroa III, un voilier néo-zélandais en provenance du Chili.

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Nos sauveurs de Manaroa III.

Improbable car Pitcairn n’est pas un haut lieu du yachting, avec 12 à 15 bateaux de passage chaque année.

Le lendemain, profitant d’une accalmie, nous pouvons débarquer, au surf, derrière la micro-digue (du cru) "abritant" un nano port. Juste la place de faire demi-tour en annexe. Emouvant. Toute la communauté résidant ici est au courant de notre présence car la VHF est le moyen de communication entre les maisons. Notre appel à Pitcairn Radio n’est donc pas passé inaperçu. Sur le quai des gars s’activent aux travaux de renforcement de la diguette, malmenée par le dernier coup de vent.

Et d’autres nous attendent. Le policier de l’immigration, le médecin et le représentant du service de protection environnementale. Pas de chichi, ni d’uniforme, rien que des sourires. Le premier nous fait remplir un formulaire, appuyés sur le garde-boue du quad. Le second nous prend la température (à l’oreille) ; le délai de quarantaine étant de 7 jours nous sommes largement couverts. Le troisième nous informe des règles très strictes pour éviter l’importation d’espèces végétales ou animales sur l’île. Le tout a duré une demi-heure dont la moitié en salamalecs et autres informations pratiques. Ces officiels nous prennent ensuite sur les porte-bagages des quads pour monter en ville.

Ils nous déposent chez Carol qui va nous ravitailler en légumes et fruits. Et puis nous offrir un café, et des gâteaux, et nous causer du pays. Elle cultive un lopin sur les hauteurs de l’île pour la consommation de la famille. Malgré la médiocre récolte pour cause de sécheresse et de tempête, elle nous dégotte des carottes, tomates et salades au goût concentré par le manque d’eau et la difficulté à pousser. Et puis des régimes de bananes, des papayes, des oranges et des fruits de l’arbre à pain « à cuisiner comme la pomme de terre ».

Pour compléter notre approvisionnement, le magasin coopératif est ouvert spécialement pour nous. La trésorerie aussi pour nous permettre de changer les traveler’s chèques en deux minutes et sans commission au lieu de la galère offerte par les banques panaméennes. Le magasin est étonnement achalandé, mais il est vrai qu’il a été ravitaillé il y a à peine un mois.

Nous bénéficions également de l’ouverture spéciale du musée de l’île qui raconte l’histoire de son peuplement. Les souvenirs du Bounty et de son équipage sont légions.L’île n’est habitée en permanence que depuis qu’une partie des célèbres mutinés au navire britannique Bounty s’y est établie avec des compagnons (surtout des compagnonnes en fait) tahitien(ne)s. L’épave du voilier est au fond de Bounty Bay où il a été sabordé. On comprend aisément que les mutinés aient trouvé un refuge efficace sur une île où il est si difficile de débarquer.

Par chance notre dernière soirée à Pitcairn est celle du mensuel poisson frit. Remises des prix aux meilleurs contributeurs du repas poissonQuand les conditions sont bonnes, les barques sont mises à l’eau pour la pêche et le repas communautaire organisé. La quasi-totalité de la cinquantaine d’insulaires étaient présents. Y compris les enfants. Pas de barrière de langue pour galoper et chahuter. Carol, ses filles et tous les petits-enfants nous raccompagnent une dernière fois au débarcadère pour les adieux. Départ le lendemain à la première brise, après une semaine passée sur une île magnifique peuplée de gens adorables. Positivons, ainsi nous quittons aussi le lieu de bien des galères.

Portfolio

Une île à taille humaine, voire Schtroumfaine. Et une île bien verte, une ! Ca au moins ça défoule ! Des "tropic birds" comme ça il y en avait plein Végétation qui dégouline.

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